Archives par mot-clé : Paris

Ta phobie du sang

Cher Manu*,

J’avais tellement envie de te rencontrer, de t’embrasser et de te faire l’amour. J’avais pris le bus tôt le matin pour rejoindre la capitale et te voir. Tu m’avais semblé si beau sur Tinder. Je ne me méfiais pas des apparences : un torse est un torse, le tien était musclé, il ne pouvait pas me décevoir. J’avais erré dans Paris quelques heures : le cimetière du Père Lachaise, le cinéma sur les Grands Boulevards, jusqu’à notre rendez-vous en début de soirée. C’était le plein été, il faisait beau, lumineux et chaud. Tu m’attendais devant une station de métro. Je me suis approchée et quand je t’ai vu, j’ai pensé “zut”. Tu n’étais pas grand, plutôt de taille moyenne, tu avais un style décevant, chemise et casquette à l’envers. Est-ce que j’allais passer la nuit avec un adolescent ? J’ai fait demi-tour, avant de me raccrocher à un ultime espoir : peut-être un bon coup ? L’expression qui cache une grand naïveté.

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Après mon tour du globe en cargo, je fais quoi ?

Résumé des péripéties

Je suis partie le 1er janvier 2019 de Paris. J’ai embarqué sur un cargo au port du Havre. Nous avons traversé la mer Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge et l’océan Indien.

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«D’après une histoire vraie»

Les yeux perdus dans le vague, je fixe mon interlocuteur, cherche un soutien. Voilà trois mois que je vois net, pourquoi la nature me rappelle-t-elle ma misère oculaire ? J’ai subi une opération de la myopie en juillet. Continuer la lecture de «D’après une histoire vraie»

Tara Lacroix, l’utopie topless

  • 1994 : Naît à Versailles (Yvelines)
  • 2012 : Passe son bac, intègre une classe prépa littéraire
  • Avril 2013 : Premiers pas chez les Femen
  • Septembre 2013 : Admise à l’IFSY (Institut de formation sociale des Yvelines)
  • Septembre 2015 : Participe à l’action Femen au salon musulman du Val d’Oise.

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Todd, le clown du Nord

Pourquoi pleurer la démocratie lorsqu’on peut en rire ? Jeudi 1er octobre, le Théâtre du Nord a invité entre autres l’auteur de l’essai Qui est Charlie ? à débattre de l’après 11 janvier. Mais Emmanuel Todd a préféré la pitrerie au débat, volant la vedette à la liberté d’expression.

« Un théâtre où on ne rit pas est un théâtre dont on doit rire ». Gilles Defacque donne le ton pour la première soirée-débat « 11 janvier 2015, et maintenant ? » organisée au Théâtre du Nord. Le directeur du théâtre du Prato a quitté son Moulins natal pour revêtir un peignoir de clown : le public est hilare. La grande salle du théâtre est comble. Après une mise en scène chronométrée et orchestrée par le chauffeur de salle, le silence revient dans les rangs. Les invités, quatre intellectuels mâles, la cinquantaine, font leur entrée sur scène. Le sociologue Emmanuel Todd, le politologue Michel Hastings et les journalistes Éric Dussart et Nordine Nabili sont réunis pour débattre liberté d’expression et démocratie. Le fondateur du Bondy Blog met tout le monde d’accord : « Je ne crois pas que le 11 janvier restera dans l’histoire ». Les manifestions des 10 et 11 janvier derniers ont réuni quatre millions de personne en soutien à Charlie Hebdo. Jeudi 1er octobre, l’heure est au débriefing de l’épisode, qualifié de « flash totalitaire » par Emmanuel Todd, auteur du très polémique Qui est Charlie ?, sorti en mai dernier. « Nous sommes tous d’accord », affirme le reporter de La Voix du Nord Éric Dussart. « Je vais changer de position alors », ironise Todd. Premiers rires dans le public. Dussart reconnaît « avoir été Charlie. J’ai tenu la banderole ». « Vous faites ce que vous voulez », réplique le polémiste.

« Je suis un diable »

Emmanuel Todd s’oppose au « charlisme » : « On dit ‘Je suis Charlie’ comme ‘Je suis Morano’ comme elle dit une connerie. » Ses blagues déclenchent systématiquement l’hilarité du public. Attaqué sur son brûlot Qui est Charlie ?, le chercheur fait la victime : « Tout le monde m’a chié dessus. Je suis un diable », aime-t-il à répéter.

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De gauche à droite : Eric Dussart, Emmanuel Todd, Michel Hastings et Nordine Nabili.

Les thèmes initiaux, la liberté d’expression et la démocratie, ne sont pas abordés. Après une heure de débat sur la France en crise et le fossé entre classes moyennes et populaires, Éric Dussart lâche: « Vous êtes là pour nous choquer, ou du moins nous surprendre. » Todd : « Je suis obligé, on a bien commencé [la soirée] avec un clown. » Du premier rang du public, le fondateur du Prato se dresse : « Je t’emmerde ». Michel Hastings, professeur à Sciences Po, enchaîne : « Vous n’êtes pas historien ». Et Todd de répliquer : « Je suis titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Cambridge ». Applaudissements du public. Malgré les tentatives des comiques Defacque et Hastings ou celles du dessinateur du presse Calcanopa, dont les croquis sont projetés sur grand écran, le clown de la soirée est tout trouvé. A l’ultime question du public, « comment contrer Marine Le Pen aux régionales de décembre ? », Emmanuel Todd répond le sourire aux lèvres : « priez ». Ses fans se précipitent bientôt pour lui demander autographes et selfies. Le polémiste a réussi son coup.

4 octobre 2015 – ESJ Lille