Pourquoi je tombe amoureuse des connards

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Bienvenue dans Marie Sans Filtre, mon podcast intime, féministe et politique. Tu lis l’épisode 5. J’y tiens beaucoup car j’en discute depuis des jours, des semaines, des mois, des années, avec mes meilleures amies qui se reconnaîtront. Je les embrasse fort, elles qui sont si courageuses d’écouter mes 40 minutes de messages vocaux Whatsapp quotidiens. Messages bien entendu consacrés à ma dernière aventure avec un mâle cisgenre et hétérosexuel qui me plaît ou me déçoit. Souvent les deux à fois.

Cet épisode s’appelle : Je suis amoureuse. Mais je peux aussi l’appeler : Comment dépendre de l’amour dans une société patriarcale. Ou bien : comment désapprendre à dépendre de l’amour dans une société patriarcale. A vrai dire, je ne suis pas présentement amoureuse. Je me définis davantage comme dépendante affective. Aujourd’hui, jeudi 16 janvier 2020, je suis dépendante affective d’un mec qui s’appelle, disons, A. Mais la semaine dernière, j’étais dépendante de B. Et le mois d’avant, j’étais dépendante de C. Je n’arrive pas à suivre moi-même, tellement les connards s’enchaînent. Mais sont-ils vraiment des connards ? Ne sont-ils pas simplement des mâles cisgenres et hérérosexuels ? Ils ne reproduisent que les comportements qu’ils ont appris. A savoir : traiter les meufs comme des objets. Et surtout, ne pas en faire le centre de leur existence. Ces mecs ont d’autres priorités que de m’envoyer un texto à 7 heures 32 le matin, au saut du lit. Bizarrement, j’agis à l’inverse. Ma vie est remplie de projets, défis, rendez-vous, voyages et rencontres avec des personnes extraordinaires. Mais hier, aujourd’hui et demain, je ferai toujours passer un mec inconnu qui me plaît un peu car son nez est mignon, avant tout le reste. Je répondrai à ces textos immédiatement. Je consulterai mon téléphone tous les 4 minutes pour voir s’il m’a répondu. Alors que je déteste passer du temps sur mon téléphone. J’annulerai tous mes rendez-vous pour passer une soirée avec lui et ne pas dormir de la nuit et ensuite avoir la tête dans les fesses les trois jours suivants car je ne parviens pas à rattraper mon retard de sommeil. Bref, ma vie peut tourner autour d’une personne que je ne connais pas et que je n’aime pas vraiment, pour la simple raison que j’en suis dépendante. Mais pourquoi ? Et comment sortir de cette dépendance affective ? Que je ne suis pas la seule à vivre, j’en ai la preuve autour de moi. Peut-être même que toi aussi, tu te reconnais dans ma description. Et bien surprise, nous pouvons en sortir ! Je te raconte mes récentes avancées dans cet épisode.

Pour commencer, je tiens à te donner un exemple de dépendance affective. Tout à fait classique. Je raconte des événements réels qui se sont déroulés à la fin de l’année 2018. Il y a plus d’un an, je suis tombée “amoureuse” d’un mec que j’appellerai Thomas dans cet épisode, car je fais attention à l’anonymat des connards. Je doute qu’il l’écoute un jour mais sait-on jamais. J’ai souffert pendant des mois de cette relation, qui a duré à peine quelques jours. J’ai souffert de ma dépendance affective, de son comportement à mon égard et de la honte et de la culpabilité que j’ai ressenties ensuite. J’ai beaucoup appris de cette expérience, c’est pourquoi je la prends en exemple. Avant de te raconter, je précise un notion très importante des relations amoureuses et sexuelles dans un cadre hétérosexuel. Mais elle s’applique aussi aux relations homosexuelles. Elle s’appelle le ghosting. J’écris un roman en ce moment, et je définis le ghosting comme suit : “Ghoster, « faire le fantôme » en anglais, consiste à ne plus donner de nouvelles à une personne pour s’en éloigner du jour au lendemain.” En pratique, ghoster signifie que la personne chérie ne m’envoie plus de messages, ne répond plus à mes appels et me pose des lapins pour progressivement m’oublier, sans qu’elle ne m’explique jamais la raison de son départ. Bon, les définitions du ghosting diffèrent selon les personnes et les situations mais tu as compris le principe. Personnellement, je souffre davantage d’une personne qui me ghoste que d’une personne qui m’explique qu’elle ne veut plus me voir, une bonne fois pour toute. Je préfère savoir et passer à autre chose, qu’attendre des jours des semaines ou des mois des nouvelles de quelqu’un qui n’en donnera jamais. A l’été 2019, j’ai été dépendante d’un mec que j’appelle D et qui répondait à mes textos tous les 5 jours en moyenne. J’ai cru que j’allais crever tellement je souffrais de ce ghosting. Bon, c’était pas vraiment un ghosting mais je l’ai vécu comme ça. Je me posais 10.000 questions, je me sentais angoissée trahie et en colère. J’allais vérifier la boîte aux lettres toutes les heures car le mec m’avait promis de m’envoyer une lettre par la poste. Au bout de quelques semaines, j’étais tellement dépitée que j’ai décidé de passer à autre chose. Et c’est là que j’ai enfin reçu sa lettre. Trop tard. Son comportement distant avait eu raison de mon prétendu “amour”. Je me souviens qu’une amie m’avait envoyé un message énervé contre ce mec qui mettait dix ans à répondre à mes textos. J’ai tellement ri en le lisant. Le voici : “Il est juste relou. Et on l’emmerde ! Comme si écrire un SMS pouvait le tuer !! Ils me saoulent tous à faire leurs divas ! Taper quelques lignes sur un portable, c’est pas le bout du monde et ils en font toute une affaire !!” Je relis ce message à chaque fois que les mecs me saoulent = tous les jours. Bref, les hommes ne prennent pas le temps de nous répondre. Nous, les meufs hétéros (bon je suis pas hétéro mais je simplifie), on attend de leurs nouvelles en souffrant. Il faut en sortir.

Mais je ne t’ai toujours pas raconté mon histoire avec Thomas. C’est un exemple parfait de mon propos féministe.

26 novembre 2018

Je passe quelques jours chez ma grand-mère maternelle. J’arrête les antidépresseurs. J’ovule. Je me réveille avec une libido jamais ressentie depuis six mois. Je réfléchis comment séduire tout de suite, maintenant. Je pense aux applications mobiles de rencontre. Tinder me lasse. Ma meilleure amie Tara utilise Okcupid. Je tente ma chance. J’ajoute à mon profil des photos amusantes et excitantes. J’écris une description amusante et excitante. Je plais à plusieurs hommes. Je les approche avec mon accroche habituelle : « Coucou, comment tu vas ? » Je suis à Verdun, je les préviens que je rentre à Paris dans quelques jours. Je rencontre virtuellement Thomas, nous discutons beaucoup. Ses photos sont prétentieuses, j’apprécie son style. Il porte des tatouages, il fume, il est rasé, il a une casquette, il a des grosses lèvres. Il n’a rien écrit dans sa description.

27 novembre 2018

Je fonds. Thomas me plaît beaucoup. Il me drague, moi aussi. Je fantasme. Je me masturbe avec lui en tête. Je jouis.

28 novembre 2018

Mamie m’emmène au bal des seniors. Je danse beaucoup. J’ai mal au ventre. L’arrêt des antidépresseurs sans doute. Je confie à Thomas, par message, que je me masturbe en pensant à lui. Il est excité. Nous parlons de sexe. Il veut me voir le soir de mon retour à Paris. « Je ne suis pas libre, j’ai un autre rendez-vous », je lui écris.

29 novembre 2018

Je quitte Verdun. L’homme que je dois rencontrer annule notre rendez-vous. Thomas en est heureux. Il propose de m’attendre à 22 heures devant le centre d’animation où j’ai cours de théâtre. Je suis excitée. Je me sens heureuse de rentrer à Paris, une fois n’est pas coutume. Mais je pleure dans le bus car je quitte ma grand-mère pour plusieurs mois. Je me sens anxieuse, pendant mon cours de théâtre. Je crains la déception. Je place d’immenses espoirs en lui. Un camarade de jeu tente de me rassurer : « C’est peut-être l’amour de ta vie ! » Je sors la dernière du centre d’animation. Je me sens mal. J’aperçois Thomas, sur le trottoir opposé. Je suis déçue, tout de suite. Il me semble petit, recroquevillé. Il n’est ni petit, ni recroquevillé. Il m’attend. Je prends un paquet d’amandes des mains de mon partenaire de jeu et je me dirige vers Thomas. Je lui fais la bise. Je suis très déçue. Il est laid, sans casquette. Il arbore la coupe du joueur de football Olivier Giroud : rasé sur les côtés, mèche au milieu du crâne. Il devine mes pensées. « Est-ce que je ressemble aux photos ? », il m’interroge. « Non », je réponds. « Tu ne ressembles pas non plus aux photos », il réplique. Je lui offre des amandes, mal à l’aise. Je le dirige vers le bar situé en face de mon appartement. Nous nous installons. Il prend une pinte de bière pour lui, une pour moi. Je le regarde attentivement et découvre un charme irrésistible. Il prend un regard séducteur et malicieux. Il n’est pas beau. Il m’excite. Il semble détendu et content. Il boit, rit, pose des questions, écoute à moitié les réponses. Je virevolte, propose des amandes à tout le bar, reprends des bières, ris à gorge déployée, me déshabille, lui prends les mains et déjà, l’embrasse. Il est anxieux du public autour de nous. Je souffle : « J’habite en face, on va bien faire l’amour. » Je lui explique mon projet de tour du globe en cargo, je lui raconte mes cours de théâtre. Il souhaite quitter le bar, monter chez moi. J’insiste pour partager l’addition. Nous rentrons dans mon immeuble. Il fume sur mon balcon. Nous nous embrassons, nous déshabillons, faisons l’amour. Je ne me rappelle plus, je suis fatiguée et ivre. Il met son sexe dans mon vagin, avec puis sans préservatif. Il me sodomise, à ma demande. Je le suce longtemps. Il me lèche, trois minutes. Il jouit quatre fois, moi deux : je me masturbe pendant qu’il me pénètre. Il porte un peu de gras sur le ventre, des bonnes fesses. Il perd ses pectoraux depuis une opération du coeur, l’été dernier. Il a arrêté le sport, fume un paquet par jour. Ses biceps me font plaisir. Il s’endort après le sexe, vers 4 heures du matin. Je n’entends pas sa respiration. Il reste sur le ventre, loin de mon corps, ne me touche pas de la nuit. Je me sens toujours anxieuse. Un inconnu dort dans mon lit, je n’ai pas fait l’amour depuis cinq mois. Je ne ferme pas l’œil.

30 novembre 2018

Le réveil sonne à 8 heures. J’ai rendez-vous au Palais de Justice sur l’île de la Cité pour une formation professionnelle. Je propose à Thomas une douche à deux avant de partir mais l’eau chaude est froide. Il veut s’éclipser. Nous quittons l’immeuble, il prend la direction opposée. J’arrive au Palais de Justice en retard. La formation est annulée. Je reçois un message de Thomas sur Okcupid : « Quelle nuit… » Il est 9 heures du matin. Je lui demande son numéro de téléphone. Je l’ajoute sur Facebook et Instagram. Je suis amoureuse. Je lui dis « Je t’aime », il répond – gêné – « Moi aussi ». « Cela n’engage à rien », je justifie. J’exprime ce que je ressens au moment présent. Ma journée est vide. Je rêve de le retrouver. Il travaille dans une boutique de sacs à dos, à Paris. Nous prévoyons de nous revoir dans quelques jours. Je prends le train pour Versailles. Je rentre chez un coiffeur pour hommes et demande une tonte à sept millimètres. Je me sens belle, je le dis à Thomas. Je rentre chez mes parents, coincé.e.s dans un village de banlieue. Je raconte à ma famille que je suis amoureuse. Je me couche pour rattraper le sommeil. Je pends une douche, lui envoie des photos nues. Nous nous excitons mutuellement par message. Nous nous masturbons chacun de notre côté en pensant à l’autre. Je prépare ma candidature au concours du jeune reporter d’un magazine de reportages, avec pour thème mon tour du globe en cargo. J’oublie mon téléphone portable pendant deux heures. Je découvre la musique électronique du groupe de Thomas sur Youtube. J’écoute en boucle l’un de leur titre.

1er décembre 2018

Je fais la tournée des médecins : dentiste et ophtalmologiste. Je visite la maison-atelier de l’artiste franco-japonais Foujita à Villiers-le-Bâcle avec mes parents. Je passe la soirée devant l’émission de télé-réalité Danse avec les stars avec ma sœur. Je visite Okcupid pour la première fois depuis ma rencontre avec Thomas. J’engage la conversation avec un ami de Thomas que je repère sur l’application. Les deux passent la soirée ensemble, ils font la fête. Je rêve de les rejoindre. Je dis à son ami : « J’ai envie de te voir. » Il montre mon message à Thomas, qui devient fou. Il est jaloux. Je me sens coupable. Je crains de le perdre. Il m’écrit sur Facebook : « Va te faire foutre. Allez, salut. » Je tente les excuses. Je téléphone à ma meilleure amie Tara. Je vis le début des problèmes, par ma faute.

2 décembre 2018

Je passe la journée au centre commercial avec ma sœur. Nous préparons des paquets cadeaux devant un grand magasin aux bénéfices d’une association caritative. Je me sens anxieuse. Thomas revient sur ses paroles, il accepte que nous passions la soirée ensemble. L’excitation monte. Les minutes me paraissent des heures. A 18 heures, je prends les transports en commun. Il me faut une heure et demie pour rejoindre le centre de Paris où nous avons rendez-vous. Je l’attends dans le froid, en mini-jupe, à la sortie du métro Oberkampf. Il arrive, il est beau avec sa casquette et une veste qui appartient à son ex-copine. Je l’embrasse sur les lèvres et lui prends la main. Nous marchons jusqu’au bureau de tabac pour acheter des cigarettes. A la supérette, nous choisissons un menu et une bouteille de vin rouge. Il paie. Nous rentrons chez lui. Il vit dans un studio minuscule de la rue Saint-Maur. C’est propre, sans charme. Je prépare les pâtes. Je le suce pour sentir son sperme dans ma bouche. Il me pénètre, nous nous tenons debout dans la cuisine. Nous mangeons, puis nous ouvrons son canapé-lit pour faire l’amour. Je prends des photos avec son téléphone portable. Ses néons diffusent une lumière verte. Je poste un cliché sur Instagram. Thomas s’endort, il ronfle. Je dors mal, je me sens chez un étranger.

3 décembre 2018

Le réveil sonne, j’initie un rapport sexuel qu’il ne souhaite pas. Il se laisse faire, l’envie surgit, il me pénètre. Je prends une douche, seule. Je pars travailler, en métro. Je pense à lui. Je dîne avec Tara. J’appelle Thomas à mon retour. Nous discutons pendant une heure. Il ne m’écoute pas, il joue à la console. Je demande toute son attention. Je lui dis : « Je suis amoureuse de toi », « Tu es mon âme sœur ». Il ne répond pas « Je t’aime ». Je veux le voir. Il accepte. Qui se déplace ? Je raccroche, je prends mon vélo, j’arrive chez lui à minuit. Je le retrouve, il joue aux jeux vidéo. Nous faisons l’amour sur son canapé. Il prend son téléphone portable, me montre toutes ses photos. Il déplie le lit, s’endort. Je me colle à son corps, et sombre dans le sommeil, rassurée par sa peau.

4 décembre 2018

Au réveil, je n’initie pas de rapport sexuel. Je prends une douche, le quitte pour rejoindre ma kinésithérapeute. Mon sexe brûle.

5 décembre 2018

J’attrape une mycose vaginale. Je me soigne à la maison. Je réfléchis à une soirée pour fêter le départ de mon tour du globe en cargo. Je convie Thomas, heureux de l’invitation. 

6 décembre 2018

Thomas et moi convenons d’un nouveau rendez-vous, après mon cours de théâtre. A ma sortie du travail, je lui envoie un message pour confirmer. Il m’informe qu’il n’en a plus envie. Il se repose chez lui. Je m’effondre. Je me rappelle ce qu’un ami lui a lancé quelque jours plus tôt, à mon propos : « Elle est vraiment folle celle-là. Tu n’attires que les folles. » Thomas me pose un premier lapin et j’explose. « C’est quoi le problème ?, je l’interroge. J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? « Non, non, il répond. De toute façon, tu n’auras aucun mal à trouver un autre mec à la sortie de ton cours de théâtre. » Il est jaloux, je vrille. Je lui demande où il se trouve : « Au travail. » « J’arrive, on va discuter », je réplique. « Tu es folle, ne viens pas. Je te demande de ne pas venir », il répète à plusieurs reprises. Je prends la ligne 5 du métro, me dirige vers sa boutique de sacs à dos hipsters. Mon cours de théâtre débute, je n’y suis pas. Je justifie mon absence auprès de ma professeure : « Je ne me sens pas bien. » Passant devant le magasin où travaille Thomas, je me cache le visage de honte. Je n’y entre pas. Je lui présente mes excuses par message. Je demande conseil à mon amie Alexandra. Elle me recommande de rejoindre le cours de théâtre. Je l’écoute. Je m’isole dans une pièce du centre d’animation pour répéter mon texte de comédienne. Je meurs de honte, me confonds en excuses auprès de Thomas. 

7 décembre 2018

Thomas ne répond plus à mes messages. Je dîne au restaurant avec une amie, à qui je raconte mes délires amoureux. Je danse trois heures en boîte de nuit, seule et sans alcool.

8 décembre 2018

Je participe à la marche pour le climat de Paris. Je prends des photos de la manifestation. Je passe la soirée avec Tara dans l’appartement de son copain, à Clichy-la-Garenne. Il est absent. Elle me prépare son meilleur risotto. Nous discutons pendant qu’elle fait du tricot. Je reçois un message de Thomas : « J’avoue, j’ai fait le mort un peu. » « Et ? », je réponds. « Je ne sais pas, j’ai trop pensé », il élude. Je ris : Thomas m’affirme que tout lui est égal, puisqu’il pense trop.

9 décembre 2018

J’accompagne Tara à son cours de yoga. J’échange avec Thomas par message, à l’affût de sa moindre réponse. Nous convenons de nous retrouver dans un bar, mardi soir.

11 décembre 2018

Thomas ne répond plus à mes messages. Je lui demande une confirmation pour notre rendez-vous. Il me pose un second lapin : « J’ai autre chose de prévu. » Je réplique : « Ok. » C’est fini. Je supprime notre amitié Facebook et Instagram. Je pense me débarrasser de la dépendance. Je me sens triste et soulagée. J’oublie une brosse à dents et une crème hydratante dans sa salle de bain. J’ai honte d’un poème énamouré publié sur mon blog Paulasonic.wordpress.com le 1er décembre 2018. Il s’appelle “Je suis exhibitionniste”. Lol.

18 décembre 2018

Thomas me surprend encore. Sur Okcupid, il engage la conversation comme au premier jour : « Pas mal tes photos. Ca va ? » Je fonds. Le chagrin d’amour me broie. Il relance la machine : « Tu m’en veux ? » « Non », je mens. « Tu as toujours ta brosse à dents chez moi », il susurre.

19 décembre 2018

J’apprends mon texte de théâtre avant de dormir. Je rallume mon téléphone portable, éteint à 22 heures, pour enregistrer ma voix. Thomas m’envoie plusieurs messages. Nous nous excitons mutuellement. Je l’invite à venir me retrouver pour faire l’amour. Il arrive en métro, il est minuit trente. Il m’écrit : « En vrai, je t’ai kiffée mais le fait que tu dragues mon pote et que tu partes quatre mois en cargo, ça m’a grave refroidi » et « Je cherche une fille avec qui me poser ». Pas moi. Il entre dans mon appartement, me lance : « Je crois que je m’en fous de tout. J’ai couché avec une fille l’autre soir et le lendemain elle m’a envoyé un texto, je n’ai pas répondu. » Thomas aime ghoster. Nous faisons l’amour très vite, il me pénètre vaginalement. Je n’en retire pas satisfaction. Je ne suis plus seule. Il embrasse bien. Moins il m’écrit, plus il me déçoit, plus il a d’emprise sur moi. Thomas s’endort, je ferme à peine l’œil. A côté de moi, il paraît mort. Je lui caresse les pieds avec mes orteils, je crois qu’il aime.

20 décembre 2018

Thomas quitte mon studio, je fais la danse du ventre. Je me sens heureuse, soulagée. Il me glisse : « C’est trop bien de faire l’amour avec toi, quand même. » Je crois qu’il est à mes pieds, il va m’envoyer un message. Je lui annonce que je tiens à récupérer ma brosse à dents avant mon départ. Je me rends chez la kinésithérapeute, puis à mon cours de théâtre, pour la dernière fois. Ma vessie me fait souffrir. Les allers-retours aux toilettes sont pressants : j’attrape une cystite. Je rassemble mes plantes médicinales, décide de guérir sans antibiotique. Je dors bien. Thomas ne m’envoie plus de message. Il ne répond pas aux miens. Je quitte Paris sans aucune nouvelle. Ma vessie souffre toujours. 

Au 1er janvier 2019, je décide que Thomas est un connard. Je n’aime pas son prénom. Je n’aime pas sa tête. Je n’aime pas son torse. Je n’aime pas ses cheveux. J’aime sa bouche, sa langue, son regard, des tatouages, ses gestes et ses bras. J’aime sa casquette et son style. Je n’aime pas son sexe. J’attrape une mycose, puis une cystite en sa compagnie. Nous n’utilisons pas de préservatif à chaque rapport sexuel. Il me lèche une seule fois, ce que je n’appelle pas un cunnilingus, puisque je ne jouis pas. Je le suce un grand nombre de fois. Je le fais jouir à plusieurs reprises. Les rares occasions où je jouis pendant qu’il me pénètre vaginalement, je le dois à mes doigts qui masturbent mon clitoris en même temps. Il ne se soucie pas de ma vestibulodynie, pathologie vulvaire dont je souffre depuis un an et demi. Il me pose deux lapins de suite, sans explication ni excuse. Il me rappelle deux semaines plus tard, pour utiliser mon corps à nouveau. Il obtient ce qu’il cherche, et il disparaît. Il ne parle que de lui. Il me montre des centaines de photos le concernant mais ne s’intéresse jamais à moi. Il joue à la console lorsque je lui rends visite ou lui parle au téléphone. J’attends qu’il se tourne vers moi. J’attends toujours. Le seule fois où je mange chez lui, c’est moi qui cuisine. Il se dit féministe mais mes poils le dérangent. Il me demande d’épiler mes aisselles. Quand nous nous voyons, il refuse de se déplacer. C’est moi qui prends mon vélo pour aller chez lui. Thomas est paresseux, égoïste, sûr de lui et ennuyeux. Il n’arrive pas à se concentrer, reste scotché à son téléphone portable, même lorsque nous faisons l’amour. Il me traite comme un objet. Je me persuade peu à peu que je suis un objet : « Je ne mérite pas mieux. » Je tombe amoureuse de lui, je lui fais de grandes déclarations, je lui saute dessus, je le harcèle. Je me culpabilise pour tout cela. Je ne lui en veux jamais. Je vaux mieux que Thomas. Je mérite le respect. Je n’ai besoin ni de lui, ni des autres. Je me suffis à moi-même. Je ne le contacte plus, je ne lui réponds plus. Te raconter mon histoire avec Thomas, aujourd’hui, referme déjà une plaie. 

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Après Thomas, je suis partie au Havre pour embarquer sur un cargo qui m’a fait voyager pendant quatre mois autour du globe (je parlerai de ce voyage dans un prochain épisode), de janvier à mai 2019. Je lui ai envoyé un message d’adieu auquel il n’a jamais répondu. 

A mon retour en France en mai 2019, j’ai reçu un message de Thomas sur Instagram, contenant quatre mots : “Alors, tu as kiffé ?” Il parlait sans doute de mon voyage en cargo. Pas de notre relation. Je ne lui ai jamais répondu. Il m’a fallu attendre juin 2019 pour commencer à l’oublier, vraiment. J’ai mis six mois à me remettre de Thomas. J’écris toujours sur lui, aujourd’hui. Quelle leçon en tirer ? Simplement que je dois sortir de la dépendance affective. Mais comment ? Après Thomas, je suis retombée deux fois dedans. Je t’ai déjà raconté mon histoire avec D, à l’été 2019. Tu sais, le mec qui devait m’envoyer une lettre. Et puis en décembre 2019, il y a quelques semaines, je me suis attachée en quelques jours à un mec que j’appelle E, rencontré aussi sur une appli de rencontre. Comme avec Thomas, je me suis emballée par texto et ensuite on s’est vu.e.s, on a couché ensemble et il m’a ghostée. Le plus drôle dans mon histoire avec E., c’est qu’il m’avait promis de “ne jamais me ghoster”. Mdr. Je lui ai demandé s’il voulait me revoir, après plusieurs jours sans nouvelle de sa part. Il a répondu “oui” puis m’a expliqué qu’il faudrait nous contenter d’une relation “platonique” car il ne voulait aucun sentiment. A ce moment, je lui demande si le sexe platonique existe ? Car j’ai envie de rebaiser avec lui. Mauvaise nouvelle : le sexe platonique, n’existe pas, selon Monsieur E. J’en déduis donc que notre relation s’achève là. 

Pourquoi suis-je la seule à m’attacher et à souffrir dans cette relation ? Je prends l’exemple de Thomas, de A, de B, de C, de D ou de E. Peu importe. C’est toujours le même schéma. Si tu veux avoir une idée du séisme de mes émotions en période de dépendance affective, tu peux aller lire mon blog Paulasonic.wordpress.com sur lequel je publie mes textes au sujet de ces mâles en question. Ou plutôt au sujet des émotions qu’ils déclenchent dans mon corps et mon esprit. La dépendance affective fonctionne comme une drogue. Recevoir de l’attention d’un mec produit de la dopamine dans mon corps. Je me sens euphorique. Je recherche cette drogue à tout prix. Quand j’en manque, je sombre dans un trou. J’alterne période de bonheur et de désespoir. 

Je pense que les meufs hétéros sont davantage touchées par la dépendance affective que les mecs hétéros. Je te conseille, si tu ne les as pas encore lues, d’acheter ou d’emprunter toutes les bandes dessinées de la féministe Liv Strömquist. Je t’invite à commencer par sa BD Les Sentiments du Prince Charles parue en 2012 en France, et d’enchaîner avec sa BD La rose la plus rouge s’épanouit parue en 2019 en France. Elle explique mieux que moi l’influence du sexisme et du patriarcat sur nos relations sexuelles et amoureuses. Ce que j’ai retenu : les mecs de 2020 vivent leurs relations dans un détachement émotionnel partiel ou total. Ils n’expriment peu d’émotions et d’amour pour se protéger et garder le contrôle dans leurs relations. Encore une histoire de pouvoir. Ils ont la phobie de l’engagement. Ils retirent du célibat et d’une sexualité hyperactive un peu de virilité et de domination. Au contraire, les meufs hétéros ressentent des émotions et de l’attachement émotionnel, comme moi. Elles ne peuvent malheureusement pas l’exprimer, sinon le mec fuit. Comme Thomas. Les meufs sont donc contraintes de jouer la distance elles aussi. Elles font semblant de se détacher émotionnellement pour imiter les mecs et paraître “cool”. C’est la bonne vieille technique que mes potes me rabâchent : “Si tu le fuis, il va te suivre. Inversement, si tu le suis, il va te fuir.” Je n’ai jamais réussi à la mettre en place, car comme tu le sais, je n’ai aucun filtre.

Récemment, je me suis rendue compte que je ne m’attache qu’à des mecs émotionnellement inaccessibles, comme les appelle Liv Stromquist. Car tous les mecs ne le sont pas, attention. Selon l’autrice suédoise, il se peut que je sois attirée par des mecs impossibles car je sais notre relation vouée à l’échec. Tu sais, je déteste et j’ai peur les hommes. Pour éviter de me mettre en couple avec eux, je ne fais du sexe qu’avec des hommes qui me repousseront tôt ou tard. Ainsi, je continue dans mon cercle vicieux “Tous les mecs sont des connards”. Je demeure dans mes certitudes.

Du côté américain, l’autrice Blythe Roberson a écrit quant à elle une bible pour les personnes comme moi, intitulée How to date men when you hate men. Je traduis ce titre par “Comment sortir avec des hommes quand on déteste les hommes”. J’ai commencé son essai mais je suis incapable de la poursuivre pour l’instant, tant il m’angoisse. Je réalise que mes expériences ne sont pas personnelles, elles sont générales. Toutes les femmes hétéros les partagent. 1. Les hommes m’oppressent. 2. Les hommes m’obsèdent. 3. Le fait que les hommes m’obsèdent m’oppresse. Pourtant, le titre du livre de Blythe Roberson est porteur d’espoir. Je vais donc le reprendre. Tu dois absolument le lire, toi aussi (mais la version française n’est pas encore parue).

Pour te résumer ma pensée et mes découvertes : je déteste les hommes (cette haine à elle seule fera l’objet d’un prochain épisode) et j’ai peur des hommes. Les deux en même temps bien entendu. Ma psy m’a dit : “Vous avez la phobie de la bite.” Ah oui, parce que je souffre aussi d’une forme de vaginisme appelée vestibulodynie qui s’est développée après des relations sexuelles douloureuses à répétition. Aujourd’hui, j’ai mal à la vulve H24 et je tente de guérir ma vestibulodynie sans recevoir grand soutien des principaux responsables : les mecs. Ma vestibulodynie fera aussi l’objet d’un prochain épisode. Tu vas donc me dire : mais pourquoi continues-tu à baiser des mecs s’ils te font mal ? Pourquoi continues-tu à tomber amoureuse de mecs qui te traitent comme une merde, Marie ? Très bonne question (à laquelle j’ai déjà un peu répondu). Mais bon je rappelle que je suis pansexuelle et que je n’ai pas besoin des mecs pour faire du sexe ou tomber amoureuse, en théorie. J’hésite depuis plusieurs mois à quitter Paris pour me retirer dans une communauté anarchiste lesbienne à la campagne. Je ne rigole pas. Ainsi, je ne côtoierai plus jamais de mâle cisgenre et hétérosexuel de ma vie. Je pense d’ailleur au festival queer et féministe Des Sexes et des femmes organisé à Paris en septembre 2019, avec pour thème “Sortir de l’hétérosexualité”. Ce festival a fait le buzz, alors que sa proposition était très simple. Très logique. Bon, je n’ai pas participé à ce festival (j’étais en voyage) et c’est sans doute la raison pour laquelle je n’ai pas encore déménagé dans une communauté lesbienne. J’essaie une autre technique pour sortir de la dépendance affective : je multiplie les exercices pratiques avec les mâles cisgenres et hétérosexuels en questions. Je me dis : si j’arrive à maintenir sur le temps long des relations simples et sereines avec eux, alors j’aurai gagné. Je vis peut-être dans une utopie mais j’essaie. Ces personnes constituent la moitié de l’humanité et je ne pourrai pas les éviter toute ma vie. Ni m’empêcher de les baiser. Je t’ai déjà dit que le sexe est mon plus grand plaisir terrestre ? 

Alors, je passe à l’exercice pratique. Comment faire pour sortir de la dépendance affective et nouer des relations simples et sereines avec mon partenaire ? Ou ma partenaire ? Car la dépendance affective peut aussi intervenir dans les relations homosexuelles. 

Règle N°1 : Prendre au quotidien des initiatives sans demande de conseil ni de validation. De personne. Bon ça, je le fais tous les jours. Et toi ?

Règle N°2 : Lister tout ce que j’ai accompli dans ma vie (sans négliger les petites choses) sans l’aide de personne. J’ai écrit un roman. J’ai créé six blogs. J’ai fait le tour du globe en cargo. J’ai marché de Paris à Compostelle à pied. J’ai créé le podcast Marie Sans Filtre. J’ai fait un tour de France des lieux de la Seconde guerre mondiale, en vélo et en train. J’ai écrit plusieurs articles publiés dans la presse française. Et bien d’autres choses que j’oublie. et toi ?

Règle N°3 : Me réserver des journées personnelles pendant lesquelles je ne me consacre qu’à ce que j’aime vraiment faire, sans l’aide de personne. C’est le self-care (prendre soin de soi, en anglais). Je prends un bain ou je pars nager à la piscine, je fais une séance de yoga et une autre de méditation. Je lis un roman ou je regarde un série. Je cuisine un bon plat pour moi. J’écoute un podcast en marchant dans Paris. Et toi ?

Règle N°4 : Ne pas donner des marques d’affection dans le but d’en recevoir  mais attendre de ressentir les choses pour les exprimer. J’inclus dans cette règle : ne pas harceler la personne désirée. J’attends de la connaître vraiment pour lui exprimer éventuellement l’amour que je ressens pour elle. J’applique davantage cette règle aujourd’hui. Je ne dis plus “Je t’aime” le premier soir. Je ne fais pas de plans sur la comète avec un mec que je viens de rencontrer. 

Règle N°5 : Éviter les « Tu m’aimes ? », « Tu penses à quoi ? », « Tu étais  avec qui au téléphone ? », qui expriment davantage ma dépendance et ma fragilité que mon amour.

Règle N°6 : Prendre le temps de me féliciter et de savourer mes petites et  grandes victoires sur ma dépendance affective. Je tiens un journal de bord pour les noter.  Je mesure le travail accompli. Par exemple, alors que j’avais harcelé de texto Thomas en décembre 2018, je ne l’ai plus jamais fait depuis, avec personne. Cet été, j’ai attendu des nouvelles de D pour lui en envoyer. Pareil pour E en décembre 2019. Attention, j’ai le droit d’envoyer un message pour demander des nouvelles à un mec. Je veille juste à ne pas lui en envoyer 6 d’un coup ! Et j’attends sa réponse si je lui ai posé une question. En janvier 2020, j’ai remporté deux nouvelles victoires. Incroyable, je n’ai pas couché le premier soir avec mec que je viens de rencontrer que j’appelle F. C’est la première fois de ma vie que je ne couche pas le premier soir (bon, j’exagère). Personnellement, ça m’empêche de m’emballer. Si je prends mon temps dans une relation, je m’attache moins vite. Bon, j’ai quand même couché avec F au deuxième rendez-vous. Mais le lendemain de la baise, je ne me suis pas sentie au fond du trou. Je n’aspirais pas à le revoir dans les 5 minutes. Je n’interprète plus son absence de messages comme un rejet de ma personne. Je me laisse du temps pour apprendre à le connaître et m’attacher si j’en ai envie, s’il me plaît vraiment.

Règle N°7 : Distinguer la dépendance affective de l’amour. Lorsque je suis dépendante affective, je ne m’intéresse pas à la personne à qui je suis attachée. Je me moque de sa personnalité ou de notre entente. Tout ce que je désire, c’est qu’elle me valide. Qu’elle me dise que je suis belle, que je suis excitante, que je suis brillante et qu’elle m’aime pour toute la vie. J’ai été éduquée comme une bonne petite fille qui fait reposer mon accomplissement et mon bonheur sur l’amour inconditionnel d’un homme cisgenre et hétérosexuel. Au contraire de la dépendance affective, le vrai amour se construit sur le long terme. Il est désintéressé. Il est serein. J’aime une personne pour ce qu’elle est, non pour ce qu’elle m’apporte. Je lui souhaite d’être heureuse, sincèrement. Si elle est heureuse sans moi, alors je l’accepte et m’en réjouis. (Je sais, c’est utopiste).

Pour finir, je citerai ma psy Agnès Verroust qui a écrit un texte sur la dépendance affective : « Le dépendant de l’amour est dupe d’une idéologie fortement liée à la domination masculine. Cette domination masculine a compris que la coercition était moins efficace pour réguler la sexualité (…) que d’installer dans les esprits les barrières qui les contraignent. Le tour de force le plus génial de ce système a été de convaincre la plupart des individus, mais surtout les femmes (…) que la sexualité devait être sanctifiée par l’amour. (…) La passion amoureuse, qui était considérée dans toutes les sociétés comme une sorte de maladie mentale, est dans la nôtre un idéal et un modèle relationnel. Or, s’il est fort agréable d’être amoureux.se, cet état est trop fragile et incertain pour servir de base que ce soit à un individu, à une famille ou à une société. (…) Les dépendants affectifs, au-delà de leur histoire personnelle et familiale qui ne leur a pas permis d’acquérir suffisamment d’estime d’eux-mêmes et de construire leur sentiment de sécurité, sont les victimes d’une idéologie qui dit rarement son nom. » Je ne te parlerai pas de mon histoire personnelle et familiale qui explique mon insécurité affective actuelle, dans cet épisode. D’autant que je ne pense pas que mes parents soient coupables. Je tiens toujours la société patriarcale pour responsable de ma dépendance affective.

Aujourd’hui, je fais la différence entre l’amour et la dépendance affective. Je ne dis plus “Je suis amoureuse de cette personne”, mais “Je suis dépendante affective de cette personne”, ou le cas échéant “J’aime cette personne”. Le titre de cet épisode est donc nul et non avenu. Mais tu m’as comprise. Si tu as une autre conception de l’amour à me soumettre, écris-moi, cela m’intéresse.

A mon sens, l’amour conjugal, avec un mec ou une meuf ou une personne non-binaire, peut surprendre ma vie à n’importe quel moment. Il ne définit pas mon bonheur ou ma sérénité. Je le considère comme un bonus mais plus une condition. Alors, je construis ma vie sans amour conjugal. Ma vie ne dépend de personne. Je me suffis à moi-même. Je suis assez. 

Merci pour ton écoute. Si tu as aimé cet épisode de mon podcast Marie Sans Filtre, je t’invite à faire ce qui compte vraiment : le partager autour de toi. Je t’engager à le poster sur tes réseaux sociaux Instagram, Twitter, Facebook, que sais-je encore. C’est ma seule chance pour que plus de personnes l’écoutent. Et changer la société. Merci de ton soutien. Je tiens à clore cet épisode par un rappel : me soucier de l’amour et de la dépendance affective est un privilège. Beaucoup de personnes ont d’autres priorités que leurs relations sexuelles et amoureuses. Payer ses factures, trouver un emploi, soigner son corps, prendre soin de sa famille, trouver un toit, etc. L’amour est un privilège. Je ne l’oublie pas. Bisous.

Marie Albert

16 janvier 2020

Pour rémunérer mon travail, participe à ma cagnotte Tipeee : fr.tipeee.com/mariealbertfr

Musique : Fred Avril – Close to me (pour la série Plan Cœur, sur Netflix)


Marie Albert

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