Manger vegan ne tuera pas vos enfants

Les hospitalisations d’enfants végétaliens inquiètent. En Europe, médecins et parlementaires se relaient pour dénoncer “un régime dangereux”. Mais des études anglo-saxonnes reconnaissent les bénéfices d’une alimentation sans produits d’origine animale dès l’enfance.

En dix-huit mois, quatre enfants véganes ont été hospitalisés pour malnutrition en Italie. Confortée par l’opinion publique, la députée italienne Elvira Savino a déposé le 9 août un projet de loi pour condamner à la prison les parents d’enfants végétaliens. La parlementaire de centre-droit considère ces parents comme “radicalisés”.

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Elvira Savino attribue aux enfants vĂ©gĂ©taliens “des carences en zinc, fer, vitamine D, vitamine B12 et omĂ©ga-3”, puisqu’ils ne mangent ni viande, ni poisson, ni produits laitiers (voir vidĂ©o ci-dessous).

“Il n’y a pas d’objection si la personne qui fait ce choix est un adulte informé. Le problème émerge lorsque des enfants sont concernés.”

L’initiative de la dĂ©putĂ©e italienne a dĂ©clenchĂ© une polĂ©mique dans toute l’Europe. En France, l’affaire fait Ă©cho au procès, en 2011, d’un couple dont la fillette Ă©tait morte de malnutrition. Ses parents, vĂ©ganes, ont Ă©tĂ© poursuivis pour « privation de soins ou d’aliments suivie de mort ».

  • Que mangent les petits vĂ©gĂ©taliens ?

Pour pallier l’absence de protĂ©ines animales, les parents doivent complĂ©menter leurs enfants vĂ©gĂ©taliens en vitamine B12 (essentielle au système nerveux et absente du règne vĂ©gĂ©tal), par comprimĂ©s. Les autres nutriments – protĂ©ines, calcium, omĂ©ga-3 – sont tous prĂ©sents dans les fruits, lĂ©gumes ou graines. Le lait de soja enrichi Ă  l’algue Lithothame (calcium) est une bonne alternative au lait de vache. Un nourrisson devra attendre six mois avant d’en consommer. Les acides gras (dont omĂ©ga-3) se trouvent dans les huiles (olive, tournesol, noix, lin, sĂ©same). Le fer dans les lĂ©gumineuses (lentilles, pois chiches). Les parents veilleront Ă  faire rĂ©aliser des bilans sanguins rĂ©guliers Ă  leur enfant, car le fer d’origine vĂ©gĂ©tale est moins bien absorbĂ© que celui d’origine animale. En cas de carence, une supplĂ©mentation en fer (ou zinc, calcium, selon le besoin) est prescrite.

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  • Qu’en pensent les scientifiques ?

Interrogée par Lefigaro.fr le 10 août, la bionutritionniste Marion Kaplan considère que l’adaptation des enfants au régime végétalien se fait au cas par cas :

“Alors, que certains d’entre nous vont parfaitement tolérer une alimentation végétalienne, d’autres ne vont pas la supporter, et mettront leur santé en danger.”

En réalité, rares sont les rapports scientifiques sur le véganisme. Selon une étude publiée en 2012 par un lobby américain proche de l’industrie agro-alimentaire, 65% des femmes enceintes végétaliennes sont carencées en vitamine B12, et entre 25 et 86% des enfants. Des institutions indépendantes défendent en revanche les régimes végétarien, végétalien et végane. L’Association américaine de diététique (American Dietetic Association) affirmait en 2009 qu’un régime végane “peut convenir à un enfant”. Position suivie par l’Association britannique de diététique (British Dietetic Association) :

“Les enfants peuvent grandir normalement en suivant un régime végétarien ou végane, bien qu’il faille accorder une plus grande vigilance aux besoins nutritionnels à combler”.

Dans son rapport de 2009, l’association américaine va plus loin :

“Les régimes végétariens ou véganes bien planifiés sont appropriés à toutes les étapes de la vie, y compris la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence. Les enfants et adolescents végétariens ont moins d’apports en cholestérol, acides gras saturés et plus d’apports en fruits, légumes et fibres que les non-végétariens.”

Les « carences » des enfants végétaliens, dénoncées par la députée italienne Elvira Savino, se heurtent donc aux études scientifiques. Si les parents restent vigilants tout au long de leur croissance, leurs enfants grandissent en bonne santé.

  • Par quel professionnel faire suivre ses enfants vĂ©gĂ©taliens ?

La bionutritionniste Marion Kaplan regrette “la rigidité de la médecine” en France : “Dès lors que des parents diront au pédiatre qu’ils sont végétaliens, il est probable que celui-ci leur fermera la porte au nez.” Elle conseille donc aux parents de se rendre “chez un naturopathe actualisé sur la question végétalienne”. En attendant l’actualisation de tous les professionnels de la santé.

Marie Albert

21 septembre 2016 – ESJ Lille

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Marie4lbert

Un commentaire sur “Manger vegan ne tuera pas vos enfants

  1. Votre titre est assassin car mensonger : en effet, des enfants meurent à cause de leur régime vegan ou gardent des séquelles à vie.
    Vous devez connaître ces articles :
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/un-couple-vegetalien-juge-apres-la-mort-de-leur-bebe_977308.html
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1539599-un-bebe-vegan-retire-a-ses-parents-pour-malnutrition-c-est-de-la-maltraitance.html
    https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/28349-Le-bebe-d-un-couple-vegan-etat-malnutrition-avance-parents-arretes
    http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/les-parents-imposent-un-regime-vegan-au-bebe-il-souffre-de-rachitisme-et-de-fractures
    https://www.ladepeche.fr/2019/02/17/etats-unis-un-bebe-de-5-mois-affame-ses-parents-vegan-le-nourrissaient-quavec-des-pommes-de-terre,8020389.php
    https://www.medias-presse.info/des-vegans-affament-a-mort-leur-enfant/100103/
    – etc.

    Parce que tous les parents qui imposent une alimentation vegan à leur enfant ne connaissent pas la différence entre un nouveau-né, un nourrisson et un petit enfant et leurs besoins nutritionnels spécifiques.

    Ils ne connaissent pas non plus les principes de mĂ©tabolisme, de synthĂ©tisation chimique ou d’absorption sur le bout des doigts.

    Ils n’ont pas tous accès Ă  une nourriture variĂ©e qui permettrait un Ă©quilibre alimentaire vegan.

    Ils n’ont pas toujours l’esprit Ă  calculer les doses en fer, zinc, calcium ou omega3 que doit consommer leur enfant suivant son âge.

    Ils n’aiment pas particulièrement les mĂ©decins et ne vont certainement pas demander Ă  vĂ©rifier rĂ©gulièrement la santĂ© de leur enfant Ă  travers des prises de sang.

    Vous conseillez aussi le lait de soja à l’algue lithothame pour les nourrissons après 6 mois. Mais avant, que vont faire vos lecteurs parents vegan pour leur nouveau-né ? Mystère. Ou alors, ils achèteront un liquide blanc appelé « lait végétal » et penseront bien faire.
    (Le lait vĂ©gĂ©tal adaptĂ© aux bĂ©bĂ©s existe mais sur prescription mĂ©dicale. Pourquoi n’en parlez-vous pas ?)

    Vous conseillez aussi d’aller voir un « naturopathe actualisĂ© sur la question vĂ©gĂ©talienne » mais nombre de vos lecteurs n’habitent pas près de ce type de spĂ©cialiste et s’arrĂŞteront le plus souvent Ă  « naturopathe », lequel n’est quasiment jamais mĂ©decin, ni spĂ©cialiste nutrition adaptĂ©e selon les âges, les mĂ©tabolismes et mĂŞme les pathologies.

    Vous auriez dĂ» plutĂ´t mettre l’accent sur l’hyper vigilance, sur la responsabilitĂ© qui incombe aux parents ayant choisi ce rĂ©gime alimentaire pour leur enfant, afin qu’ils le prennent très au sĂ©rieux et dĂ©ploient les efforts nĂ©cessaires au bien-ĂŞtre de leur progĂ©niture dans ce domaine. C’est un vĂ©ritable job.

    C’est pourquoi, le titre de votre article est terrible, surtout pour les enfants dĂ©jĂ  morts et pour ceux dont le corps n’oubliera jamais leur rĂ©gime vegan.

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