France Culture à Lille : le Front National face aux « moutons » de Sciences Po

En tournée dans plusieurs régions françaises, la radio de service public France Culture a choisi le Nord-Pas-de-Calais comme premier stop. Politiciens et politologues invités à la matinale ont débattu des élections régionales et de la nouvelle région, faisant la part belle au FN.

“Tous les baratins sociologiques ne suffiront pas à masquer l’échec total du Parti Socialiste.” Nouvelle recrue du Front National, Sébastien Chenu prend à partie tous les universitaires et étudiants de Sciences Po Lille. En particulier son fier voisin de table Frédéric Sawiski, professeur de science politique à l’université de Lille 2. A deux mois des élections régionales, France Culture délocalisait vendredi 16 octobre sa matinale à Lille. La liste de Marine Le Pen est donnée gagnante par les sondages en cas de triangulaire au second tour, d’où l’intérêt de la radio pour la capitale des Flandres. Interrogé à l’antenne en compagnie d’Anne-Lise Dufour Tonini (PS) et de Sébastien Huyghe (Les Républicains), Sébastien Chenu dénonce “le baratin” de Frédéric Sawiski après que ce dernier a évoqué “le désancrage social dans la région Nord-Pas-de-Calais”. Pour rallier les étudiants de l’Institut d’études politiques à sa cause, le militant FN use de l’expression “moutons”, entre deux “c’est pas très Charlie ça !”. Le présentateur de la matinale Guillaume Erner, par ailleurs docteur de sociologie, reste dubitatif : “Qu’entendez-vous par baratin sociologique ? Pourquoi parlez-vous de Charlie ?”

L’invité FN insulté

A l’issue de la rencontre, le candidat FN se montre courtois, serre la main de son adversaire Anne-Lise Dufour Tonini (PS). Mais trois heures plus tard, Sébastien Chenu dénonce sur son compte Twitter une agression verbale du politologue Frédéric Sawiski à son égard (vengeance ?) :

C’est la première fois que Sciences Po Lille reçoit un militant du Front national. L’attitude de Sébastien Chenu bouleverse les codes de la vie politique traditionnelle étudiés entre ses murs. A mille lieux de l’opinion de Thomas Wieder, rédacteur en chef du Monde, invité quelques heures plus tard à débattre des rapports entre médias et politique à l’IEP : “Les élus FN ne sont plus des ovnis, il faut les prendre au mot.” Les “moutons” n’ont qu’à bien se tenir.

ESJ Lille – 16 octobre 2015

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